E-Rallye Monte-Carlo : voir Monaco et triompher

L’E-Rallye de Monte-Carlo est la plus belle étape du championnat des énergies alternatives FIA ecoRally Cup. Volkswagen Belgique y a participé avec toute la gamme de voitures électriques ID., y compris la coqueluche du public, l’ID. Buzz. C’est une première pour un importateur.

Deux semaines avant le début du rallye de régularité, la tension est déjà palpable. Le championnat des énergies alternatives FIA ecoRally Cup en est peut-être à sa sixième édition, mais jamais une marque automobile n’y avait déjà participé à titre officiel, et encore moins avec une gamme complète de voitures électriques. Une telle opération nécessite une préparation adaptée comme il ressort d’emblée de la présentation du programme de la journée d’essai en Belgique par Antoine Dechamps, le coach de l’équipe. Ce gentleman driver dispute le championnat pour la deuxième fois déjà et connaît les ficelles du métier comme personne. Mais parviendra-t-il également à préparer les trois autres équipages en un jour pour la prestigieuse manche autour de la Principauté ?

Rallye de régularité

Heureusement, les participants de Volkswagen ne sont pas des moindres. Bernard Heine et Laurent Secretin, qui occuperont l’ID.3, forment un tandem de rallye dans la vie de tous les jours. Antoine Dechamps et Michaël Salvador, les pilotes de l’ID.4, sont les insiders expérimentés, et les journalistes Iwan Kneuts et Ken Divjak, pilotes de l’ID.5, les outsiders de talent. Quant à Noam Grootvriendt et Olivier Van Hoorebeke, managers chez Volkswagen, ils représentent la marque à bord du tout nouveau ID. Buzz. Toutes les voitures sont également équipées d’un dispositif intelligent baptisé Crisartech qui fait office de tripmaster (cadenceur). Mais avant que ce dernier n’entre en action, une bonne dose de théorie est au programme.

Il ne s’agit certainement pas d’un rallye classique, mais plutôt d’une course de régularité disputée à des vitesses imposées.

À l’instar de toutes les compétitions de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), la FIA ecoRally Cup est soumise à de nombreux règlements. Chaque kilomètre de compétition est réglementé, tandis que les infractions en dehors du parcours entraînent également des points de pénalité. Pour des raisons de contrôle, les 55 voitures participantes sont suivies pendant les quatre jours du rallye au moyen de récepteurs satellites qui s’activent le matin dans le parc fermé et ne s’éteignent que le soir, au retour. Il ne s’agit certainement pas d’un rallye classique, mais plutôt d’une course de régularité disputée à des vitesses imposées. Même les étapes de liaison ont souvent un itinéraire obligatoire avec des points de contrôle pour tester les compétences de navigation des copilotes.

Compétences de navigation

Trêve de théorie, place à la pratique. Pour la plupart des participants, elle commence par une journée de route jusqu’au point de départ à Valence, où le contrôle technique a lieu sous un soleil méridional. Les inspecteurs de l’Automobile Club de Monaco y vérifient que les voitures sont parfaitement aux normes, qu’elles répondent à toutes les exigences de sécurité et qu’elles portent des numéros et des autocollants permettant d’identifier correctement les participants. En outre, les numéros de départ ne sont pris en compte que pour la sortie et la rentrée dans le parc fermé. En dehors de celui-ci, chacun est libre de commencer les épreuves dans un certain délai. Cela laisse du temps entre les deux pour recharger les voitures électriques avant de les enfermer à nouveau la nuit.

 Avec des concurrents comme Bruno Saby, la légende des rallyes, il vaut mieux être bien préparé pour s’aligner sur la grille de départ.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la navigation se passe du classique roadbook « boule-flèche », mais fait appel aux numéros de route et aux carrefours. Une mission à la portée de copilotes chevronnés comme Michael Salvador et Laurent Secretin, mais loin d’être évidente pour le reste de l’équipe. La solution à la Belge est d’envoyer l’ID.4 du coach de l’équipe Dechamps en éclaireur et de la faire suivre par l’ID.3, l’ID.5 et l’ID. Buzz au trot. Ainsi, personne ne se perd dans les montagnes du sud de la France, tandis que le véhicule d’assistance, un Multivan eHybrid biton, attend l’équipe Volkswagen à la fin de chaque épreuve. Avec des concurrents comme Bruno Saby, la légende des rallyes, et de nombreux duos qui participent au championnat depuis plusieurs années, il vaut mieux être bien préparé pour s’aligner sur la grille de départ.

Un départ surprenant

Une grande euphorie gagne l’assemblée lorsque les deux novices du rallye de l’équipe Volkswagen, Noam Grootvriendt, Fleet Manager, et Olivier Van Hoorebeke, Sales & Planning Manager, réalisent un temps scratch lors de la toute première épreuve avec l’ID. Buzz. La première place de la FIA ecoRally Cup est attribuée à l’équipe qui obtient le moins de points de pénalité. La compétition ne pouvait pas mieux commencer pour la coqueluche du public, qui est immédiatement sous les feux de la rampe à son arrivée. Que l’ID. Buzz participe au E-Rallye Monte-Carlo si tôt dans sa carrière est déjà une surprise de taille, mais le fait qu’il occupe également la première place après l’épreuve d’introduction dépasse toutes les attentes.

Que l’ID. Buzz participe au E-Rallye Monte-Carlo si tôt dans sa carrière est déjà une surprise de taille.

L’équipage ID.3 de Heine et l’équipage ID.4 de Dechamps ont également commencé le rallye en force, tandis que les journalistes de l’ID.5 doivent s’habituer au tripmaster Crisartech. Il est programmé pour chaque étape avec les distances et les vitesses moyennes, mais doit encore être synchronisé manuellement avec les chronomètres de l’organisation au départ. Déconcerté par un commissaire de course qui marmonne, le duo doit commencer la première épreuve à l’aveugle, ce qui entraîne immédiatement une série de points de pénalité. Mais les journalistes prouvent que les étapes sinueuses sont tout à fait dans leurs cordes et que l’ID.5 profilée sera une concurrente à craindre.

Tarte aux pommes

Le jour 2 commence très tôt et s’annonce dynamique pour la caravane du rallye, qui se dirige lentement vers le sud. Dechamps et Heine entrent immédiatement dans le vif du sujet, tandis que les journalistes d’AutoGids/Le Moniteur Automobile comblent rapidement leur retard. L’ID. Buzz est à son tour concurrencé par les leaders du classement, qui s’appuient sur leur expérience pour récupérer le top 3. Pendant ce temps, les altimètres montent régulièrement, avec des cols qui sembleront familiers aux fans du Monte-Carlo classique. Il n’est pas étonnant que les virages soient marqués des traces de gomme laissées par Neuville et Cie au début de l’année 2022, prouvant une fois de plus que les voitures électriques peuvent aussi être performantes sur le plan dynamique.

Les virages sont marqués des traces de gommes que Neuville et Cie y ont laissées début 2022.

Qui plus est, les VE laissent également une trace ici et là, car ce sont les vitesses en virage qui déterminent finalement le classement. Rouler à exactement 43,8 km/h en ligne droite est peut-être plus difficile que vous ne le pensez, mais maintenir cette même vitesse dans les virages ou la rattraper immédiatement après est le véritable défi. Comme l’a formulé le vainqueur final de l’E-Rallye Monte-Carlo au terme de l’épreuve : « Dans cette discipline, vous devez conduire lentement là où vous devriez normalement aller vite, et sportivement là où vous devriez vous retenir ». Cela explique immédiatement pourquoi de nombreux pilotes de circuit à la retraite comptent parmi les participants, qui apprécient autant l’aspect compétition que les destinations où la FIA ecoRally Cup les emmène.

Après une remontada, avec une troisième place dans la Spéciale de Régularité 3 et une deuxième place dans la SR 7, les journalistes ont joué de malchance à bord de l’ID.5. Sur l’étroit parcours de montagne, une pierre égarée déchire le pneu arrière droit, tandis que le véhicule d’assistance ne peut entrer en action qu’après le passage de la dernière voiture. Bilan : 1 800 points de pénalité et l’espoir d’une place dans le top 10... en lambeaux. Entre-temps, le reste de l’équipe déguste les fameuses tartes aux pommes du restaurant La Remise, un passage obligé de toutes les équipes du rallye de Monte-Carlo depuis toujours. Même s’il faudra probablement attendre un certain temps avant qu’un modèle ID. n’apparaisse sur les murs parmi les monstres sacrés du rallye, la transition vers le sport automobile zéro émission n’en a pas moins commencé.

Éloges

Par rapport aux premiers jours, les deux derniers se sont déroulés sans histoire. En termes de rallye, cela signifie que les membres des équipages sont de plus en plus en phase les uns avec les autres et réalisent de superbes performances. L’ID.3 a terminé troisième dans la SR 12 et cinquième dans la SR 13, l’ID.4 a réalisé un scratch dans l’épreuve 12 et une cinquième place ex aequo dans la SR 13, tandis que l’ID.5 a remporté trois médailles d’argent dans les épreuves 11, 12 et 13. Et qu’en est-il de l’ID. Buzz ? Entre-temps, il reçoit beaucoup d’attention de la part de la presse et du public, ce qui place immédiatement le Bulli en tête des vidéos quotidiennes de l’Automobile Club de Monaco. L’organisation ne tarit pas d’éloges sur Volkswagen Belgique qui fait preuve de courage en jetant immédiatement l’ID. Buzz dans l’arène et prouve avec une certaine désinvolture que le type de véhicule n’a pas d’importance dans ce championnat.

Fidèles à la tradition des rallyes, les journées en voiture sont longues, jusqu’à 16,5 heures le troisième jour, et les nuits, plutôt courtes.

En passant par le Mont Ventoux, toujours aussi majestueux, et les impressionnantes Gorges du Verdon, la ligne d’arrivée est progressivement en vue après quatre longues journées. Fidèles à la tradition des rallyes, les journées en voiture sont longues, jusqu’à 16,5 heures le troisième jour, et les nuits, plutôt courtes. Mais cela n’empêche pas l’ID.3 de Heine et Secretin, notamment, de se classer régulièrement dans le top 10. L’ID.4 de Dechamps et Salvador reste dans la roue de leurs coéquipiers, tandis que les ID.5 et ID. Buzz continuent à réaliser de bonnes prestations. Le dîner de gala de clôture dans la Salle Belle Époque du célèbre hôtel Hermitage, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est donc largement mérité, tout comme la nuit de sommeil qui suit avant que tous les points (de pénalité) soient additionnés et que les résultats finaux soient annoncés.

Une participation réussie

L’équipe Volkswagen Belgique peut d’ores et déjà se réjouir d’une participation plus que réussie. Lors de l’édition 2022 du E-Rallye Monte-Carlo, l’équipe belge a obtenu quinze places dans le top 5, douze podiums et même cinq temps scratch. L’ID.3 de Heine et Secretin fait encore mieux en terminant à une troisième place ex aequo avec les champions de la saison 2021. Mais comme la Porsche Taycan de Didier Malga et de sa copilote Valérie Bonnel s’est mieux classée dans la toute première épreuve, la coupe de bronze revient tout de même à l’équipe française. Lors de la cérémonie, les pilotes concurrents ont toutefois voulu partager le trophée avec nos pilotes ID.3, suscitant des applaudissements spontanés parmi les autres concurrents.

L’ID.3 de Heine et Secretin termine à la troisième place ex aequo avec les champions de la saison 2021.

Enfin, la cérémonie de remise des prix réserve une agréable surprise. En effet, la deuxième place au classement général revient également à une Volkswagen, à savoir l’ID.5 du duo Karel Colibert et Nathalie Zbinden. Ainsi, l’E-Rallye Monte-Carlo n’est pas seulement le pionnier de l’utilisation de groupes motopropulseurs zéro émission, il prouve également que les dames ont largement voix au chapitre dans cette discipline passionnante du sport automobile. Le célèbre pilote de rallye Bruno Saby est d’ailleurs agréablement surpris après sa première participation à la FIA EcoRally Cup. « Je suis vraiment stupéfié par le plaisir de conduire que nous avons éprouvé pendant cet EcoRally », confie-t-il. « Avant le départ, j’avais des doutes à ce sujet, mais il faut vraiment l’essayer une fois pour y croire. » Ou comment les rallyes de régularité peuvent effectivement allier écologie et passion.